Le théâtre comme vecteur de communication interne, c’est l’idée forte de Jean-Louis Rapini. Ce comédien passé par tous les métiers propose aux entreprises de les mettre en scène par le biais d’acteurs professionnels. Impact assuré de « l’effet miroir ».
« Bien sûr, il faut savoir que l’on ne dit pas « bout de rayon » mais « tête de gondole » quand on travaille avec Cofradel », plaisante Jean-Louis Rapini, un jeune homme vif et brun qui flaire au quart de tour les manies de chaque secteur. Cet élémentaire plongeon dans la culture d’une entreprise, il le prépare questionnaire sous le bras et oreilles aux aguets, en se faisant passer pour un stagiaire : Les bruits de couloir éclatent ensuite sur scène, ou l’on se contente de lever le voile en levant le rideau.
« Le théâtre met les problèmes d’une entreprise en scène, il ne cherche pas à les résoudre. Nous ne sommes en aucun cas les valets du patronat comme l’insinuent certains. Notre rôle est de faire passer des messages barbants avec de l’humour et de la présence. Nous bénéficions d’un effet de surprise sur chaque petit groupe qui vient assister aux représentations. Au début, les gens rient jaune en se reconnaissant dans le jeu des acteurs. Nos répliques sont exactement celles que je relève devant la machine à café. Ensuite nos sketches déclenchent le débat et les tabous tombent».
Péchiney, Total, La poste, France Télécom, Mérieux et bien d’autres ont utilisé la démarche percutante et ludique du théâtre pour leurs séminaires ou leur « conventions cadres ».
Le formule de la compagnie Guichets Fermés complète le travail du conseil en communication et s’intègre aussi bien dans un budget de communication que dans un budget formation. Un sourire pointe aux lèvres de Jean-Louis Rapini lorsqu’un employé sidéré lance : « Vous avez travaillé chez nous à quelle époque ? »
Saisir au vol les messages essentiels et les ambiances, s’entourer de comédiens capables d’apprendre des textes très rapidement et de sillonner les routes de France sans états d’âme, telle est la recette de Guichets fermés. La recette ? Entre 50 000 et 100 000 F (moins les charges) selon la durée de l’intervention.
SYLVIE FINAND
JEUDI LYON
10 novembre 1994