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La clinique du Renaison mise sur la qualité


Pour lancer sa démarche qualité et améliorer la prise en charge du patient, la clinique du Renaison a invité des comédiens a jouer devant le personnel des scènes vécues dans l’établissement.
Effet garanti…


Rien de tel que l’humour pour mettre au jour ses erreurs et les corriger. Cette arme imparable de la dérision a révélé son impact, jeudi 14 septembre, à l’Espace Renoir, à Roanne. Sur scène, la troupe lyonnaise « A guichets fermés » jouait quelque scé-nes de la vie quotidienne à la clinique du Renaison. Des sketches très drôles, fruit du travail d’observation du metteur en scène Jean-Louis Rapini, qui a en suite mis en mots ce qu’il avait vue et entendue. Dans la salle, le personnel de la clinique n’a pas boudé son plaisir devant le miroir grossissant de ses petits et gros défauts.
Ce spectacle en trois parties servait de prélude au lancement officiel de la démarche « accréditation qualité » dans l’établissement. « Pour la première fois, nous réunissons l’ensemble de ceux qui travaillent pour le groupe clinique du Renaison, praticien, personnels soignants, administratifs, techniques, laboratoires, radiologie, cabinet médicaux extérieurs » a indiqué Jean-Paul Renard, le directeur. De l’investissement matériel au respect des normes sanitaires et de sécurité, la clinique lui semble avoir su « préparer le cadre humain et logistique pour faciliter la nouvelle étape, celle de la mise en place des processus de qualité, plaçant le patient au centre de nos préoccupations ».

Car le malade se trouve parfois un peu livré à lui-même, ballotté au milieu de la grosse machine administrative qu’est la clinique. Du dossier médical que l’on ne trouve plus à la confusion entre deux patients, sujet à quiproquo, de la litanie d’examens avant l’opération aux questions, toujours les mêmes, auxquelles il lui faut répondre, la personne hospitalisée dispose parfois de tous les ingrédients pour cultiver son anxiété.

Mais ce patient, qui souvent, porte bien son nom, vu l’attente qui peut lui être infligée, n’est pas toujours exempt de tout reproche. Pendant les sketchs, il en prend aussi pour son grade dans ses récriminations auprès du « petit personnel » et sa façon de confondre le service des urgences avec le cabinet du « bobologue ». D’une paire de pantoufles oubliée à la radio d’une enfant tombé du toboggan, l’accueil des urgences en voit passer de toutes sortes. Et les tiraillements internes, la difficulté à communiquer entre services et entre professions, au sein de l’établissement, sont fort bien rendus par la comédie.

Membre du groupe de Tonkin, depuis l’an passé, la clinique du Renaison aura trouvé la matière aux réflexions. Avec les consultants du cabinet Brunhes, elle a déjà créé un comité qualité, composé de médecins, d’administratifs et de soignants, en essayant d’aller plus loin que les critères imposés pour la simple accréditation de qualité, pour le bien-être du patient et pour la réputation de l’établissement : « Cette démarche doit reposer sur l’ensemble du personnel, sinon, lorsqu’un rouage est grippé, tout est à terre » a expliqué le Dr Richard Melka, président de la Commission médicale d’établissement.
C’est aussi l’ambition du Dr Sandra Gomez, responsable du Département d’information médicale, et de M. Michel Hennequin, responsable administratif, attentif à la compréhension du fonctionnement d’ensemble, « pour améliorer le circuit de l’information au bénéfice du patient » et contribuer à une image positive de l’établissement.

En résumé, il s’agit de faire de la clinique « un lieu où il fera bon se faire soigner et travailler » a souligné Mme Evelyne Tantot, responsable des urgences.

Aux côtés du comité qualité, une équipe opérationnelle s’est efforcé, sur le terrain, d’expliquer la démarche et a rencontré près de 200 personnes durant l’été. Trois groupes de travail ont été retenus et se réuniront régulièrement : le premier se penchera sur la prise en charge d’un patient pour une chirurgie programmée, le deuxième sur la prise en charge pour une chirurgie en urgence, le troisième sur le dossier du patient.

Quelle que soit l’intervention, se mettre au service du patient est une affaire compliquée, qui concerne beaucoup de monde. Sous une forme ludique et explicative, la soirée représentait, selon M. Renard, « une bonne éprouve de pédagogie active ». De quoi conforter le pôle sanitaire de la clinique du Renaison qui sera renforcée, dans les années à venir, par la venue sur le site, de la clinique Brossolette (chirurgie et maternité), et qui vient de mener à bien un projet de lutte contre les infections nosocomiales tout en réussisant son passage aux 35 h. Ayant regroupé, en 1990 les cliniques Adrian, de la Livatte et Ollier (sur le site actuel depuis 1976), la clinique du Renaison, qui emploie 260 personnes, reçoit, chaque année, olus de 10 000 patients.

J.-F. V.
Le Pays
22 septembre 2000



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