A la tête d’une société de Théâtre d’entreprise, Jean Louis Rapini, comédien, auteur et metteur en scène dispense des cours pour apprendre à parler en public. Très prisés.
Ils sont traducteur, agronome, chargé de communication, formateur, responsables d’entreprises … ils habitent Chambéry, Bourg en Bresse, Saint Etienne ou Lyon et chaque semaine ils se retrouvent pour apprendre à parler en public à « Guichets Fermés ». Dans une société où le paraître prime sur l’être, où les beaux parleurs sont toujours plus écoutés que les intelligences bégayantes, cette formation a de l’avenir. Jean Louis Rapini, comédien, auteur, metteur en scène, responsable d’une société de théâtre d’entreprise, l’a bien compris en proposant cette activité annexe.
Diction et respiration
« Entre la formation d’un acteur et celle de celui qui veut prendre la parole en public, je ne vois pas de différence. Leurs objectifs ne sont pas les mêmes. Le second veut progresser dans son entreprise, animer des réunions, des conférences… ce qu’il n’a jamais appris » explique ce quadragénaire qui travaille les basiques sur le mode d’un petit Conservatoire. : Diction, attitude corporelle et respiration. L’originalité de sa formation est de s’étaler sur six mois pour se donner le temps de pratiquer et d’acquérir des réflexes. Ce soir là, les premières années démarrent avec « les balles ». Il s’agit de s’envoyer ses ballons imaginaires en faisant face, comme dans une réunion où il s’agit de bien regarder son public en articulant. Autre exercice, plus périlleux : lire une petite phrase en y mettant le ton indiqué. Exemples. Inquiet : « Voilà des nuits que je ne dors pas !» Haineux : « lui je le déteste ! » Pour que cela sonne juste, il faut penser à des situations personnelles vécues, nourrir les mots, mettre une vraie sincérité, conseille Jean Louis Rapini. Autre exercice, plus directement lié à une pratique professionnelle, faire un exposé sur un sujet donné à partir d’articles de presse. Les deuxièmes années, qui font preuve d’une aisance indiscutable, travaillent sur l’ « Exercice de style » de Raymond Queneau, une scène identique dans un autobus racontée de cent façons différentes.
C’est une démarche personnelle très forte, une remise en cause, mais il faut être dans la confiance et oser, reconnaît le professeur qui parvient à mettre ses élèves à l’aise. La prestance à l’oral est souvent affaire de charisme, mais aussi de technique qui peut s’acquérir, assure t-il. « Il faut oser les silences, prendre son temps, regarder les gens. » Chacun pourra s’en convaincre en examinant attentivement l’orateur décontracté qu’il rencontrera.